Tableau en marqueterie réalisé par
Armande et Geoffroy de Bazelaire
à l'occasion du centième anniversaire
de la Galerie Berger. ( 1905 - 2005 )


L'Appartement de la Galerie Berger

Location Saisonnière
 
http://galeriebergerappartement.blogspot.fr/

L'Art de Vivre au 18ème siècle

dans une vieille demeure

face aux Hospices de Beaune
 
Membre de




https://www.facebook.com/profile.php?id=100008491274890
Paire de Grandes Appliques
à trois bras de lumière


 

Réf. 1694

Paire de grandes Appliques
en bronze ciselé et doré.

Elles éclairent par trois bras de lumière
en arabesque et présentent une riche ornementation,
de type néoclassique, à motifs de nœuds de ruban, passementeries et feuilles d'acanthe.

Les futs, de forme gaine, à ressauts 
et enroulements, sont ornés de rangs de perles
 et prolongés par une console 
se terminant par des graines de laurier.

Époque Louis XVI

Hauteur 58 cm
Largeur 36 cm
Profondeur 20 cm
Paire de Groupes
"aux Putti"



Réf. 1691

Paire de Groupes "aux Putti"
en bois sculpté et peint.

Ils se tiennent debout, 
adossés à des vases,
dits à l'antique, ornés de grecques
et de guirlandes de feuilles de laurier 
sur des bases à décor de rocaille.

Flandres, début du 18e siècle

Largeur 50.5 cm
Profondeur 26 cm
Hauteur 67 cm
Paire de Chenets
"aux Vases"


Réf. 1695

Paire de Chenets "aux Vases"
en deux parties, ornés de masques de satyre 
en bronze très finement ciselé et doré.

Les pommes de pin et les vases reposent
sur des colonnes tronquées 
à cannelures simples et rudentées. 


Ils présentent une riche ornementation, 
dans l’esprit néoclassique, telle que : 
grenades éclatées, frises, canaux, 
guirlandes, cannelures torses, 
feuilles d'eau et fleurs d'héliotrope.

Époque Louis XVI

Largeur 39 cm
Hauteur 17.5 cm
Profondeur (sans les fers) 17.5 cm
Profondeur (avec les fers) 60 cm

Provenance 

Collection Privée - Belgique
(acquis chez Étienne Lévy, le 28 septembre 1949)
Commode
 "aux Espagnolettes"

Jean-Charles Saunier




Belle Commode "aux Espagnolettes",
de forme galbée, en bois de placage
et marqueterie de croisillons 
dans des encadrements.


Elle ouvre par cinq tiroirs
disposés sur trois rangs
et repose sur des montants
à double cambrure.

Elle présente une belle ornementation 
de bronze ciselé et doré,
dans l'esprit rocaille, telle que : 
chutes d'angles, entrées de serrure, 
poignées de tirage, tablier et sabots.

Dessus de marbre
brèche d'Alep mouluré à gorge

Estampille de Jean-Charles Saunier

Reçu Maître, le 27 août 1743
 
http://galeriebergerlexique.blogspot.fr/search/label/SAUNIER

Largeur 129 cm
Profondeur 66 cm
Hauteur 87 cm


Grande Commode
"aux Attributs"

par Jacques Bircklé


Grande Commode, de forme rectangulaire
à double ressaut, en bois de placage 
et marqueterie de bois précieux.


Elle ouvre par deux larges tiroirs
sans traverse et repose sur des montants,
ornés de cannelures simulées, 
prolongés par des pieds cambrés à facettes.



Elle présente une riche marqueterie
à motifs d'attributs de musique, tourtereaux,
branchages fleuris, draperies
et vases dans des encadrements à grecques
et comporte une garniture de bronze
finement ciselé et doré telle que :
entrée de serrure, anneaux de tirage,
macarons, tablier, chutes d'angle, 
genouillères et sabots.

Dessus de marbre Fleur de pêcher 
mouluré à gorge

Jacques Bircklé
(1734 - 1803)

Reçu Maître, le 30 juillet 1764

http://galeriebergerlexique.blogspot.fr/search/label/BIRCKLE%20Jacques

Époque Transition Louis XV - Louis XVI

Largeur 128.3 cm
Profondeur 61 cm
Hauteur 89 cm




Notice

Au vu de sa production, Jacques Bircklé apparaît comme un ébéniste consciencieux, ne cherchant nullement le luxe et la préciosité, mais davantage l'effet décoratif. Il y excelle grâce à son indéniable talent de marqueteur.

Dans la plupart de ses réalisations, pratiquement dépourvues de bronzes, une constante s'impose en effet : sa prédilection pour des marqueteries aux tons vifs et contrastés, dessinées avec simplicité, sans détails superflus. Faites de bois teintés clairs, elles se détachent le plus souvent sur un fond de placage plus sombre. Leur effet spectaculaire est encore renforcé par les thèmes choisis : vases fleuris, urnes, draperies, rubans, trophées de musique, attributs divers et même paysages ou scènes à l'antique, les uns et les autres habituellement encadrés de filets à grecques.

Notre commode en est une très belle illustration, puisqu'elle rassemble, à elle seule, la plupart des éléments de décor utilisés par le maître.

Une commode plus petite identique à la nôtre, passée en vente chez Christie's à New York le 22 octobre 2010 (lot n° 457), a atteint la très belle enchère de 68.500 $


Documentation Christie's New York

Une autre très proche, avec une variante au niveau du tablier central, reproduite dans l'ouvrage de Pierre Kjellberg "Le Mobilier Français du XVIIIe siècle", page 74, porte la marque au feu du garde-meuble de la Reine.




Bibliographie

 "Le Mobilier Français du XVIIIe siècle"
   Pierre Kjellberg
   Les Éditions de l'Amateur - 2002 

"Les Ébénistes Français de Louis XIV à la Révolution"
  Alexandre Pradère
  Paris - 1989


"Les Ébénistes du XVIIIe siècle"
  Comte François de Salverte
  F. De Nobele, Paris - 1962


"L'Art et la Manière des
  Maîtres Ébénistes Français au XVIIIe siècle"
  Jean Nicolay
  Éditions Pygmalion - 1976

 
Grande Commode
"à la Grecque"

par Jean Chrysostome Stumpff


Réf. 1701

Grande Commode, de forme rectangulaire
à double ressaut, en bois de placage
et marqueterie de bois précieux.


Elle ouvre par cinq tiroirs
sur trois rangs, dont deux sans traverse,
et repose sur des montants,
ornés de cannelures simulées,
prolongés par des pieds cambrés à facettes.


Elle présente une belle marqueterie
à motifs de grecques et pointes de diamant
dans des encadrements à double filets
et comporte une garniture de bronze
finement ciselé et doré telle que :
entrées de serrure, anneaux de tirage, macarons,
tablier, chutes d'angle, genouillères et sabots.

 

Dessus de marbre Campan rubané
mouluré à gorge

Estampille de Jean Chrysostome Stumpff
(1731 - 1806)

Reçu Maître le 27 août 1766

http://galeriebergerlexique.blogspot.fr/search/label/STUMPFF

Époque Transition Louis XV - Louis XVI

Largeur 128.5 cm
Profondeur 57.5 cm
Hauteur 87.5 cm



Bibliographie

"Le Mobilier Français du XVIIIe siècle"
  Pierre Kjellberg
  Les Éditions de l'Amateur - 2002


"L'Art et la Manière
  des Maîtres Ébénistes Français" au XVIIIe siècle
  Jean Nicolay
  Éditions Pygmalion - 1976


"Les Ébénistes du XVIIIe siècle"
  Comte François de Salverte
  F. De Nobele, Paris - 1962


"Identification des marbres"
  Jacques Dubarry de Lassale
  Éditions H.Vial - 2000


Paire de Grands Candélabres
"en Cassolette"

attribués à François Rémond



Exceptionnelle et importante
paire de Candélabres montés "en cassolette"
en porphyre rouge, bronze patiné
et bronze doré.


Ils éclairent par six lumières,
dont cinq supportées par des branches 
en arabesque et la sixième, au centre, 
émergeant d'une composition florale.

Ils sont supportés par une cassolette 
en porphyre rouge à piètement tripode, 
orné de têtes de bouc, se terminant par 
des sabots feuillagés et au centre duquel 
un serpent dressé s'enroule autour 
d'une colonne à cannelures torses.

 

L'ensemble repose sur une base, 
de forme triangulaire à côtés incurvés, 
dotée de pieds boule.

Ils présentent une très riche ornementation, 
de type néoclassique, telle que :
bouquets de fleurs et grappes de raisin (candélabres) ;
entrelacs, rosaces et feuilles d'eau
(bobèches et bassins) ; 
rang de perles, frises de feuilles d'acanthe, 
feuilles de laurier et pomme de pin (cassolette) ;
plaques bretées, rosaces et 
frises de palmettes (piétement) ; 
masques de satyre, rang de perles et 
frises de feuilles d'acanthe (base).

Attribution à François Rémond
(1747 - Paris 1812)

Reçu Maître, le 14 octobre 1774

Époque Louis XVI

circa 1785

Hauteur 87 cm
Largeur 46 cm

Provenance 

Ancienne Collection Wildenstein

Vente Wildenstein
Christie's Londres, 14 décembre 2005, lot n° 38


Notice

Notre paire de Candélabres a été acquise, le 10 mars 1906, par Nathan Wildenstein pour orner le palier (staircase Hall) de l'Hôtel particulier, dont il se porta acquéreur, l'année précédente, rue La Boétie.


Ce dernier construit, pour lui-même, par le célèbre architecte Charles De Wailly, en 1776, fut remanié à la demande de Nathan Wildenstein par Walter-André Destailleur.

La paternité de ce modèle revient de toute évidence au célèbre Maître François Rémond.
Bien que nous ne retrouvions pas de traces de ces candélabres dans le livre de comptes de Dominique Daguerre, ils sont indéniablement le résultat d'une étroite collaboration entre François Rémond et le célèbre Marchand-Mercier, comme peuvent en attester un certain nombre d'éléments décoratifs reconnus comme étant  le fruit de leur collaboration.

Dans leur forme générale, nos candélabres rappellent étroitement celle d'une autre paire réalisée d'après un modèle de François Rémond, vendue lors de la vacation de la vente Wildenstein, le 15 décembre 2005 (lot 121), modèle dont on retrouve la trace, en 1783, dans le livre de comptes de Daguerre, décrit comme tel : une paire de candélabres à trépied portant huit lumières Et six sphinx pour la somme astronomique de 5000 livres...

Dans cette même vente, deux autres paires de candélabres (lots 19 et 27), attribuées au même Maître, présentent de nombreuses similitudes.
Table à Ecrire
"en Chiffonnière"

par Bernard II van Riesenburgh




Réf. 1700

Rare Table à Écrire, dite "en Chiffonnière",
de forme mouvementée, en marqueterie
à décor floral de bois de bout de violette 
dans des réserves de bois d'amarante
sur fond de bois de rose.



Elle ouvre par un plateau coulissant,
trois tiroirs, en façade, dont un formant écritoire
et repose sur des pieds cambrés à facettes.




Elle présente une belle ornementation
de bronze finement ciselé et doré, telle que :
galerie ouverte à cuvette, poignées latérales tombantes,
entrées de serrure, bouton de tirage, 
chutes d'angle feuillagées à piastres, 
descentes de chute et sabots.

Bernard II van Riesenburgh
(avant 1705 - 23 février 1766)

Reçu Maître en 1730

http://galeriebergerlexique.blogspot.fr/search/label/BVRB

Époque Louis XV
vers 1760

Largeur 53 cm
Profondeur 37 cm
Hauteur 70.5 cm

Provenance

Collection Privée


 
Notice

Reconnu sans conteste comme le plus grand ébéniste du temps de Louis XV, B.V.R.B. ne fut identifié qu'en 1957 par J.P. Baroli. Celui-ci démontra que derrière les quatre lettres mystérieuses de l'estampille abréviative, se cachait une dynastie d'ébénistes d'origine néerlandaise, portant tous le même nom et le même prénom, et tous installés au faubourg Saint-Antoine, les Vanrisamburgh.

Bernard II Vanrisamburgh, qui utilisa l'estampille B.V.R.B., dut faire son apprentissage auprès de son père et obtint la maîtrise avant 1730. Toute sa vie il travailla pour les plus grands marchands-merciers parisiens comme Hébert au début, puis Lazare Duvaux et Poirier, se spécialisant dans les meubles de luxe en marqueterie de bois de bout, laque ou porcelaine. De ce fait, il n'eut pas accès directement à la clientèle élégante et à la renommée que connurent Boulle ou Cressent, qui avaient leurs ateliers dans des quartiers plus centraux. 

L’œuvre de jeunesse de B.V.R.B. peut être étudiée, car il semble avoir utilisé l'estampille dès 1735-1737. Dans ces années-là, il utilisa également comme Cressent, des placages de bois satiné uni. Après 1740, il pratiqua  la marqueterie de fleurs qui était démodée en France depuis 1700. Les premiers meubles en marqueterie de fleurs livrés au Garde-Meuble royal sont des livraisons d'Hébert en 1745 pour le dauphin et la dauphine à Versailles. IL s'agit presque uniquement de meubles de B.V.R.B. qui était alors un des principaux fournisseurs d'Hébert. B.V.R.B. mit alors au point la marqueterie de bois de bout, faite de fleurs de bois de violette se détachant sur fond de bois clair. Dans la première partie de son œuvre c'est le bois satiné qui est utilisé pour les fonds, parfois avec des encadrements d'amarante. On le voit bien sur le bureau plat livré en 1745 par Hébert, pour la dauphine. Par la suite, B.V.R.B. utilisa le bois de rose pour les fonds de marqueterie de préférence au bois satiné. On le voit sur le grand secrétaire livré en 1755 par Lazare Duvaux pour Louis XV à Trianon. La date charnière pour l'apparition des meubles en bois de rose est l'année 1749. C'est cette année-là qu'on voit les premiers meubles en bois de rose dans le journal de Lazare Duvaux. B.V.R.B. produisit également des secrétaires à abattant pour le marchand Poirier qui succéda à Duvaux à la tête de la mode parisienne dans les années 1760.

Notre table correspond à un modèle réalisé par B.V.R.B. II autour de 1760, époque à laquelle il recourt à la marqueterie de bois de bout de violette sur fond de bois de rose.
Elle appartient à un petit groupe de tables estampillées ou attribuées au maître réalisées pendant cette période.
Bien qu'elles comportent toutes des variantes dans leur décor de marqueterie, elles demeurent identiques par leur forme et leur architecture. 

Parmi celles conservées dans des musées et des collections privées ou celles passées en vente publique, l'une d'entre-elles provenant de la collection du Baron de Rédé (vente Sotheby's Paris, 16 mars 2005, lot n° 124), comporte, sous le tiroir, une inscription manuscrite de Simon-Philippe Poirier, "3 pièces argenté". Ces instructions destinées à l'attention du bronzier pour l'aménagement intérieur de l'écritoire, étaient presque systématiques de la part de ce célèbre Marchand-Mercier. On les retrouve sur nombre de meubles ayant été commercialisés par son intermédiaire, à tel point que l'on peut même penser qu'il ait été le collaborateur, voire l'initiateur de certaines créations de B.V.R.B. 

Musées

Victoria & Albert Museum - Londres
Metropolitan Museum - New York
(Collection Wrightsman, F. Watson, Vol. I n° 132)

Ventes publiques

Collection du Baron de Rédé (Sotheby's Paris, 16 mars 2005, n° 124) 
Collection du Baron de Rédé (Sotheby's Paris, 16 mars 2005, n° 125)
Sotheby's Londres, 3 mars 1978
Piasa Paris, 7 décembre 2011, n° 246

Petit Bureau de Changeur

attribué à Pierre Gole


Réf. 1686

Exceptionnel Bureau de Changeur,
de forme rectangulaire, 
en marqueterie de laiton et d'étain 
sur fond d'écaille rouge.


Il ouvre par un plateau brisé à deux vantaux, 
découvrant un caisson intérieur, 
quatre petits tiroirs et une porte 
incurvée en retrait.

Il repose sur huit pieds "en gaine" 
répartis en deux groupes de quatre, 
reliés entre eux par une entretoise en H
et terminés par des toupies.



L'arrière est plaqué de palissandre
dans des encadrements d'étain gravé et d'amarante



Il présente un très riche décor 
de marqueterie dite "en première partie", 
à motifs d'écoinçons, fleurons,
rinceaux, rosaces, culots et arabesques
dans des réserves géométriques
et des encadrements de bois d'ébène.


Attribution à Pierre Gole
(vers 1620 - janvier 1685)

Reçu "Maître Menuisier en ébène Ordinaire du Roi" en 1656 

Époque Louis XIV

vers 1680

Largeur 84 cm
Profondeur fermé 41 cm
Profondeur ouvert 80 cm
Hauteur 75 cm



Notice 

Bien que le nom d'André-Charles Boulle reste aujourd'hui attaché à l'art de la marqueterie de métal, il n'en était ni l'inventeur, ni le seul praticien, loin s'en faut. Ainsi, dès 1663, Jacques Talon fut nommé par Louis XIV maître menuisier ordinaire du Roi pour le contentement que nous avons des fournitures de meubles de marqueterie de métal (Ronfort, Boulle, 2009, p. 89). Pierre Gole était son contemporain, suivi plus tard par Domenico Cucci, Alexandre-Jean Oppenordt, Nicolas Sageot, ou Bernard I Vanrisamburgh. La carrière de Gole connut un essor rapide car il acquit très jeune la charge de l'un des Menuisiers en ébène Ordinaire du Roi, ce qui propulsa sa carrière. On sait qu'il fournit la cour dès 1651, réalisant en 1665 une somptueuse paire de cabinets dits de la Guerre et de la Paix pour la somme considérable de 25 800 livres, ou encore le parquet du premier Cabinet de curiosités du Grand Dauphin à Versailles en 1685. En marge de ces fournitures pour la Couronne, on sait également qu'il travailla pour Monsieur, frère du roi et donc certainement pour d'autres importants aristocrates.

A ses débuts, il semble que ce soit essentiellement des meubles à marqueterie d'ivoire, à marqueterie florale ou à marqueterie d'écaille peinte au revers qu'il réalise, concurrencé par des ébénistes comme César Campe (voir Demetrescu, "Les Campe" in Mélanges Alcouffe, 2004, p. 196). A l'instar de Boulle une génération plus tard, ce n'est que progressivement dans sa carrière qu'il se rallia à l'utilisation de l'écaille et du métal mêlant comme sur notre Bureau, cuivre jaune et étain dans sa production. Dans ce domaine, il s'illustra particulièrement à travers le cabinet d'Hercule et Omphale qu'il exécuta vers 1681 pour la duchesse de Fontanges, maîtresse de Louis XIV, aujourd'hui conservé au musée Jacquemart-André, Paris (Lunsingh Scheurleer, Pierre Gole, 2005, fig. 133 et suivantes).

D'un point de vue structurel, notre meuble est révélateur du rôle pris par Gole dans l'évolution du bureau. On sait qu'il en livra un aux Menus-Plaisirs du Roi dès 1669, ce qui constitue la plus ancienne trace de production de ce type de meubles par l'ébéniste (voir Lunsingh Scheurleer, 2005, p. 184). Mais c'est seulement en janvier 1671 qu'il en fournit un d'un genre nouveau, puisque le milieu du dessus [...] s'ouvre. Cette mention constitue pour l'instant l'acte de naissance du bureau brisé, conception originale de Gole, que nous retrouvons sur notre meuble. De petite dimension, il permettait un large rangement et une sécurisation des écrits de son propriétaire. Outre la spécificité de la brisure, ces bureaux de Gole disposent tous de deux caissons à tiroirs reliés par le plateau et parfois d'un gradin supérieur et d'un autre espace de rangement placé au centre, en retrait, au niveau des genoux de l'écrivain.
A cette époque, le piétement, sur lequel reposent les deux ensembles de tiroirs latéraux, est constitué de colonnes ou de sculptures en bois , le plus souvent dorées, figurées ou non, d'une grande diversité, véritable signature stylistique de la première partie du règne. Un bureau, datable vers 1672 et conservé dans les collections du duc de Buccleuch à Boughton House, constitue de ce point de vue un exemple typique (Lunsingh Scheurleer, 2005, fig. 138-143).
Dans les années 1680, ces supports sculptés laissent la place à des piétements composés de pieds en gaine, comme sur notre Bureau.

D'un point de vue ornemental, la part belle est donnée à la marqueterie de métal. De la même manière que l'on vit progressivement le bois doré se faire plus discret pour aboutir à une relative épuration de la forme du meuble, le décor plaqué vise à une plus grande unité.


Table à jeu attribuée à Pierre Gole, vers 1680
Collection Particulière



Plateau de la Table à jeu


Plateau déplié de la Table à jeu


 
Table à jeu attribuée à Pierre Gole, vers 1680
Collection de la Reine d'Angleterre


Plateau de la Table à jeu


Plateau déplié de la Table à jeu

Comme on peut le voir sur la table à jeu livrée pour le Grand Dauphin, aujourd'hui conservée au J. Paul Getty Museum (Lunsingh Scheurleer, 2005, p. 260, reprod. fig. a), notre bureau montre un goût prononcé pour une utilisation  a minima de l'écaille de tortue au profit d'un jeu entre le cuivre jaune et l'étain, parfois proche de la contre-partie utilisée par André-Charles Boulle et que Pierre Gole semble avoir particulièrement appréciée. 


Table à Jeu livrée pour le Grand Dauphin


 Plateau de la Table à jeu

La composition de la marqueterie sur le dessus du plateau et sur les panneaux latéraux, comme sur la façade des tiroirs et de la porte, trahit la relative précocité de notre Bureau et l'on peut noter les similitudes évidentes qu'il existe avec les planches de Paul-Androuet Ducerceau publiées vers 1675 - 1680 par Nicolas I Langlois (Lunsingh Scheurleer, 2005, fig. 59-62).


Dessins pour Tables, Bureaux et autre Ouvrages de Marqueterie

Enfin, les enfilades, ornant les traverses et les montants de notre Bureau, qui ne sont pas sans évoquer la richesse d'un tissu broché, trahissent la même datation. On en retrouve certaines variantes sur d'autres meubles attribués à Pierre Gole (Lunsingh Scheurleer, 2005, fig. 110, 147 et 152). 

Bibliographie

"Pierre Gole ébéniste de Louis XIV"
  Th. H. Lunsingh Scheurleer
  Éditions Faton - 2005